16.05.2008

Bédier condamné

L'AFP nous l'apprend ce matin:
La cour d’appel de Paris a confirmé vendredi la condamnation de l’ex-secrétaire d’Etat UMP, Pierre Bédier, à 18 mois de prison avec sursis et trois ans de privation des droits civiques pour "corruption passive" et "recel d’abus de biens sociaux".

Evidemment, notre président du Conseil Général et député va se pourvoir en cassation ce qui va nous donner le privilège de le subir encore quelques temps. Nous ne retournerons pas aux urnes tout de suite (le délai, suspensif, est de six à dix-huit mois). Mais il faut tout de même se préparer, l'alternance est dans les tuyaus pour la huitième circonscription. Les jeunes et vieux loups de la politicaillerie locale s'en lèchent sans doute les babines, mais faisons confiance aux Mantais pour ne plus se tromper et choisir un ou mieux une démocrate véritable, qui sache donner une image digne de notre ville et animer sérieusement le débat politique.

Vous voyez bien qu'il n'y a pas que des mavaises nouvelles et qu'il ne faut pas désespérer de la démocratie. 

 

Manifs

Bien belle manifestation à Paris et dans toute la France hier pour la fonction publique. Bon, le Mantois est en petite forme et ne constituait pas le noyau dur des 50 000 personnes qui ont défilé de Place d'Italie à la République. Je suppose qu'on ne peut pas être au mieux de sa forme tout le temps, mais il y séance de rattrapage dimanche 18. Raison de plus tout de même pour ne pas rater celle de ce soir. Car, trève de plaisanterie, soutenir ces gens qui vivent dans une misère accablante et font tourner tout un pan de notre économie, c'est bien le moins qu'on puisse faire. C'est bien beau de se scandaliser du sort du Tibet, mais il est de notre responsabilité de tirer les travailleurs sans papiers de la situation effroyable dont nous profitons. Je me permets de rappeler qu'on peut consulter sur Internet cet aveu embarrassé mais clair du président de l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie : il a besoin de 50 000 régularisations dans son secteur (et autant dans d'autres secteurs).

Merci, Mike, de nous le rappeler:

Nous vous appelons à participer le plus nombreux possible à cette manifestation à Versailles aujourd'hui à 18 H 30. Un départ en car est prévu à 17 H 30 au foyer AFTAM (Rue de Buchelay, entre la chaufferie municipale et Metro).

Nous avons réussi à éviter l'expulsion de Marius et à lui permettre de poursuivre ses études à Mantes. Soutenons les 150 travailleurs qui ont déposé un dossier de régularisation à la préfecture des Yvelines aujourd'hui.
 

Et aussi, pour l'anecdote (quoique...), c'est aujourd'hui que Bédier est fixé sur son sort, puisque la Cour d'Appel doit rendre son verdict le concernant.

14.05.2008

Concert de soutien / Soutien de concert

Belle soirée de soutien aux collèges de Mantes la Ville hier soir à la salle Jacques Brel, avec des groupes locaux qui comptent. On aurait bien sûr aimé être encore plus nombreux à mettre de l'ambiance avec le rock puissant de 100 raisons et le reggae de Joulavibe. Bravo en tout cas aux centaines de spectateurs solidaires, aux artistes qui se sont montrés d'une belle générosité et à tous ceux qui se sont démenés pour que ce bon moment soit possible.

 Samedi 17 mai, il reste encore des places pour les TETES RAIDES à 15€ (oui, quinze euros, y a pas de faute de frappe!) dans cette même salle Jacques Brel. Ces gens-là sont de grands musiciens, de vrais poètes et d'authentiques militants: tous les ingrédients d'une soirée d'enfer. Si la salle n'est pas pleine samedi, que mille décibels crèvent les tympans du Mantois qui roupille! En avant la musique!

13.05.2008

Service minimum?

Aujourd'hui le Parisien fait sa une ainsi: "60% des Français pour le service minimum à l'école". Qu'est-ce que ça veut dire? Plusieurs choses possibles. D'abord que l'on peut faire passer des vessies pour des lanternes impunément. Car de service minimum à l'école, il n'a jamais été question. Le service minimum, c'est faire fonctionner un service (public, rapelons-le) sans le fermer tout à fait. A la RATP ou à la SNCF, ça voudrait dire que 20, 25 ou 30% des transports concernés doivent fonctionner et que s'il y a plus de grévistes que ça, certains seront réquisitionnés pour faire rouler des trains ou des bus. Ça s'appelle briser la grève institutionnellement. On peut être pour ou contre. Mais à l'Education Nationale, on n'a pas prévu d'assurer par la force 18 ou 42% des cours. On prévoit de payer des animateurs ou des personnels communaux pour faire garderie. Aïe, le gros mot est lâché.

En effet, si cette garderie est le service minimum de l’Ecole, c’est que l’Ecole est avant tout un service de garderie qui sert à ce que les mômes ne traînent pas les rues comme pendant les jours de congés du mois de mai. C’est peut-être ce que 60% des personnes interrogées ressentent. On peut aussi se faire une autre idée de l’Ecole, du service public d’éducation.
Mais que M. Darcos veuille à tout prix appeler ça un service minimum et donc en faire une question de principe idéologique, c’est un peu gros. Le Parisien mentionne l’expérience d’Etampes : depuis dix ans, la Mairie a institué un Dispositif Spécial Accueil des Enfants, qui est exactement la même chose, sans l’aspect imbécilement abrasif donné au système par notre vaillant combattant anti-grève, anti-service public, Darkos Vader lui-même. Il se trouve même des gens qui témoignent dans ce journal pour dire : « Cela incite à plus de compréhension entre parents et enseignants. Comme nous ne sommes pas confrontés au casse-tête de la garde, nous sommes plus enclins à nous intéresser à leurs revendications. » Vive le Service Minimum !

En revanche, qu’une écrasante majorité des sympathisants de droite ait dit oui à : « c’est une bonne chose parce que cela permet de ne pas pénaliser les parents qui travaillent », voilà une autre contradiction amusante. Le dogme officiel étant que l’initiative individuelle doit être valorisée et que le collectif n’est qu’un encombrement bureaucratique nécessairement néo-soviétique, ces sympathiques sympathisants de droite reconnaissent tout à coup l’existence d’un service public qui est un service au public et qui est indispensable à la bonne marche du pays. Les néo-libéraux qui prônent de cesser de compter tout le temps sur l’Etat Providence et de se retrousser les manches pour forger son propre destin (j’en ai la larme à l’œil) se mettent à pleurnicher parce qu’il n’y a personne pour garder leurs mômes. Mais retroussez-vous les manches, les jours de grève, et forgez votre propre destin, mes petits amis. Ou bien soutenez l’existence d’un service public de qualité.
Les gens de droite ont, parfois, des idées de gauche, l’auriez-vous cru ?

 

François Duchamp

09.05.2008

Marius, enfin!

Bonsoir
Nous revenons à l'instant de la préfecture où alain Thébault (RESF et LDH), Nathalie Coste (RESF et LDH, élue MLJ) , Denis Andreollety (élu de Magnanville) et moi même (SNES et RESF) accompagnions MARIUS au nom de tous ceux qui se sont mobilisés pour que l'arrété d'expulsion de Marius soit annulé, qu'un titre de séjour lui soit attribué pour terminer ses études.
Nous avons été reçu avec beaucoup d'attention par Mme Mouton, "Directeur de la citoyenneté et des libertés publiques"
 
Forts des innombrables soutiens en notre possession :
    - les professeurs, maitre de stage et camarades de classe de Marius,
    - plusieurs dizaines de collègues du Lycée Rostand, du Lycée Saint exupéry, du clg de la vaucouleurs et du lycée Vaucanson
    - plusieurs centaines d'élèves des Lycées Rostand et saint Exupéry
    - la pdte de FCPE du Lycée rostand
    - le secrétaire général départemental de la FSU
    - des élus de Mantes la ville, de Magnanville, de Rosny,de Mantes la jolie, Limay
    - des messages de soutien qui nous venaient d'autres établissements, d'autres villes,
mais trés certainement aussi de l'intervention de l'inspecteur d'académie sollicité lui même par Le Proviseur du Lycée Rostand
 
Nous avons présenté le cas exemplaire de MARIUS
 
Marius est reparti avec un récépissé de 1ère demande (ce qui signifie : fin de l'assignation à résidence,  annulation de l'arrété d'expulsion, autorisation de résider en France pour 3 mois) qui devrait déboucher sur une régularisation d'un an pour études : un début de vie normale!
 
C'est un réel succès que Marius doit avant tout à lui même (comportement, travail, scolarité exemplaires) et à la trés forte mobilisation tous azimuts et pour autant trés structurée notamment grace au réseau RESF local et Meurthe et Moselle, bref : à vous tous.
 
Marius est passé trés prés de l'expulsion ! La catastrophe a été évitée par la rapidité et la force de la réaction.
 
Michel Chastan snes fsu            Nathalie Coste RESF78 et LDH78

04.05.2008

Mobilisation pour Marius

Notre élève Marius est en situation très dangereuse d’assignation à résidence après avoir été gardé à vue puis conduit en centre de rétention d’où nous avons bataillé pour le faire sortir.

Ses camarades et ses enseignants l’attendent en classe.

Prenons-le sous notre protection pour qu’il ne soit pas expulsé vers un pays où il n’a plus aucune attache, pour qu’il ne soit pas séparé des siens et de ses projets.

Vous aussi souhaitez qu’il grandisse ICI ?

Nous allons organiser une campagne de solidarité autour de Marius et sa famille, nous aurons besoin de toutes les forces humanistes et de progrès…

Manifestons notre soutien

                                                                                                                                                                    Nathalie Coste LDH-RESF                                                 

 



Moi, j’aimerai que mes enfants en grandissant ressemblent à Marius !

Marius est en gare de Nancy, il attend le train qui le ramènera chez lui, à Mantes.

En attendant, Marius est assis à discuter gentiment avec sa petite amie, une petite blonde. Un groupe d’agents de la police des frontières passe devant le couple, une fois, deux fois puis, au 3ème passage se fige devant eux.

Contrôle d’identité. On pourrait croire que ces hommes en bleu font leur travail, uniquement leur travail : mais alors pourquoi ces mots : « mademoiselle vous ne devriez pas fréquenter ce type d’individu », et s’adressant à Marius : « menteur, vous n’habitez pas Mantes, vous n’êtes pas camerounais, vous n’êtes pas ce jeune homme sur la photo … » et en point d’orgue « vous venez prendre nos femmes blanches ».

C’est que les hommes en bleu connaissent Marius : il est noir, il est jeune, il est avec une blanche, il est sans papiers, il tourne autour de « nos femmes », alors de là à penser qu’il vole notre pain, qu’il menace notre existence.

Bon, il y a bien ces papiers scolaires que Marius exhibe : tous ces profs le disent sérieux, travailleur, agréable, poli et bon élève. Ben en voilà un qui semble bien « intégré » comme ils disent …

Il y a aussi ces coups de téléphones insistants : une femme de la région parisienne qui se présente membre de RESF, une autre femme, responsable académique du SNES de l’académie de Nancy, le proviseur adjoint de son lycée d’origine, un autre homme, conseiller général alerté par le réseau. Tous le répètent : « laissez le grandir ICI ». Cette solidarité agace ou étonne ?

Marius n’est pas seul : il devrait se cacher, être isolé. Mais non. Il ne se montre pas non plus, il veut juste qu’on le laisse tranquille vivre sa vie de jeune homme. Vivre et plus que tout, réussir ses études, lui qui vient d’un pays où les études, ça compte. Il veut pouvoir fréquenter des jeunes de son age ICI, vivre avec sa famille ICI, en France, où il a construit son quotidien depuis 4 ans maintenant.

Et puis, des papiers, Marius en a des tonnes : les lettres remplies par ses professeurs unanimes à dire son sérieux, sa gentillesse, sa correction. Les lettres de soutien adressées par la communauté éducative à son frère et à sa sœur. Les lettres de recommandations rédigées par les patrons de sa mère et de son beau père (le père de Marius est décédé au pays).

 

Mais la machine est en route : interpellation, garde à vue, centre de rétention, juge du tribunal de grande instance, juge du tribunal administratif, avocats, plaidoiries … 1000 euros pour obtenir une liberté fragile, une assignation à résidence et un APRF.

Désormais, la menace pèse sur lui : Marius est dans l’OBLIGATION de QUITTER le TERRITOIRE FRANÇAIS . C’est écrit noir sur blanc. Il veut rester avec sa famille ? Qu’elle parte aussi !

Depuis le 1er Mai, Marius est assigné à résidence. Chaque jour il doit aller au commissariat pour « pointer ».

 

Moi, j’aimerai que mes enfants en grandissant ressemblent à Marius : cette soif d’apprendre, cette gentillesse, ce sérieux …

 

Michel CHASTAN – SNES FSU Lycée Saint Exupéry

Emeutes de la faim à Bobo (Burkina Faso)

Peuchère !

         A Bobo aussi on a manifesté contre la vie chère. Soit trois jours
de paralysie : tous les services abonnés absents, commerces rideaux
baissés, établissements scolaires fermés sur ordre du Gouverneur.
Les élèves se sont rassemblés autrement, la manifestation a dégénéré,
ils ont cassé, des symboles : la station-service d'un adjoint au maire,
des enseignes trop lumineuses, la statue de Blaise et Khadafi, et surtout
les feux rouges de la police municipale qui ne s'y corrompra plus.

         Ici comme ailleurs, c'est un même appel de foules refoulées :
"La vie augmente et nous n'avons même plus les moyens de nous laisser
racketter !"
         Le Gouvernement a entendu : une centaine d'arrestations, des bien
jeunes plutôt pour leur faire mieux peur. C'est ce qui se conjugue :
donner de l'espoir aux générations futures. A bon entendeur, la vie
augmentera encore, rétrécira d'autant, et la prison s'étendra.
         Mais pour un temps, la police municipale sévira moins...

         Cette révolte avait hélas une humeur de retard car la vie n'est  
pas chère au Burkina : on n'y achète déjà plus rien ! Le filon du coton est
dévidé et la ouate promise hors de prix, notre bon riz revendu au Mali et
les fonds de maïs, tous déjà roulés dans la farine de la spéculation
bio-énergétique.
         La famine guette et le FMI regrette - fait mine, reconnaissant des
erreurs d'ajustements brutaux mesurés au fléau de balances tarées. Errare
humanum est, comme mourir de faim.

         A Paris aussi on manifeste contre la vie chère. Partout sur la
Planète, ça étincelle, la mêche prend lentement, on entend même dire que
ça va péter ! Ah bon ? Exploser pourquoi ? Puisque la solution est,
depuis... toute trouvée.
         Les pauvres gênent, qui manifestent quand déjà sans remuer leurs
moignons, ils encombraient. DONC ELIMINONS-LES ! Paradoxalement, plus il y
en a, plus ça semble facile. (Recevant moins à partager, ils s'entretuent
et nous oublient, j'imagine). Laissons s'enflammer et s'éteindre
d'eux-mêmes nos pauvres. Le développement durable, un peu rétréci, s'en
souviendra. Le destin est bien le commerce le moins équitable entre les
hommes.
         Toute solution a le mérite d'être finale car un problème évacué  
est une liberté qu'on récupère. Notre solution - éliminer les pauvres - ,
fût-elle franche, est propre et démonstrative, facilement lisible,
numérisable et téléchargeable, numériquement correcte, chiffrée et
statistiquement CQFD mais... S G D G8 ! Néanmoins présentable comme
inévitable à des gens à tables :
      -«  On est trop ! »

         Mais nous ne nous comptons jamais en sus.


      Bobo, le 28 / 04 / 08
      Didier INNOCENTI

29.04.2008

un élève de Mantes arrêté

 Sur la liste de Décil nous avons reçu ce mail de Nathalie Coste qui, avec d'autres dans RESF, suit la triste actualité des sans papiers et des élèves arrêtés. Il était en vacances comme ses camarades et était allé voir de la famille à Nancy... Un écho parmi d'autres du militantisme au quotidien.
"L'un de nos élèves vient d'être arrêté cet après midi à Nancy, il est sans papier.
Parmi les multiples contacts que j'ai eu avec la police cet après midi, à plusieurs reprises les fonctionnaires m'ont dit "vous savez, on est obligé de faire notre boulot mais on espère qu'il va rester des droits de l'homme dans ce pays"... c'est un garçon très sympa et on a vu son livret scolaire.... etc.... Cette politique d'expulsion massive est purement idéologique... C'est vraiment le moment de se lever!
Demain matin la Préfecture statuera. Le réseau RESF de Nancy me dit que c'est une préfecture très dure.Nous nous préparons au pire!
(Nathalie 28/04/2008  - 20 h 24)

18.04.2008

Hommage à Aimé

Décil s'associe à l'hommage qui est rendu au militant infatigable de l'anticolonialisme, père de la négritude et poète bouleversant qui vient de s'éteindre en Martinique : Aimé Césaire. 
Pendant ses quarante années de mandat à l'Assemblée Nationale, il a lutté pour "décoloniser la République", mais il a apporté des dépassements essentiels à ces reflexions sur la mémoire et la liberté. Pour lui "haïr c'est encore dépendre" et au ressassement mémoriel des victimes il oppose le "droit à l'Histoire" (plutot que le devoir de mémoire). C'est par l'inscription des histoires des ex-colonisés dans l'Histoire de la République que l'on dépassera les contentieux pour lui, de toute façon, impardonnables.
Au delà encore, dans les années 30, proche des communistes (pour un temps) il avait aussi pensé la question des masses prolétaires noires dans le cadre de la lutte des classes et travaillait à chercher des convergences avec tous ceux qui luttaient contre la ségrégation et les injustices dans un contexte de montée des fascismes en Europe. Pour autant, "nègre il était, nègre il resterait". Aimé Césaire suivait un cap : rester singulier dans une histoire collective. Etre Normalien, député de la République et porte voix des "damnés de la terre" et publie en 1950 "Discours sur le colonialisme".
  
Dans ces dernièrs temps, malgré son grand âge sa voix nous exhortait à dépasser les enfermements et les assignations identitaires par la Résistance. Il cherchait l'universel et montrait l'impasse des identités surdéterminantes sur quoiqu'elles fussent fondées, pour promouvoir partout la liberté et la dignité comme horizons au delà même des combats de libération.
La justesse de son message, tellement nécessaire contre des barrières mentales, entraves encore si fortes à la rencontre humaine, et sa vigueur implacable contre toutes les persistances racistes me semblent devoir être fortement relayées dans cette société malade...
Nathalie Coste.
 PS/ A paraître très bientot : La condition noire par l'excellent historien Pap N'Daye. Enfin, une exposition à la Cité de l'Immigration "Les étrangers en France en 1931 au temps de l'exposition coloniale".