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10.04.2008
La Camy et le clafoutis.
Ceux qui ont vécu mardi soir 8 avril 2008 l’élection du Président de la Camy et de ses douze vice-présidents ont assisté à quelque chose qui ressemble fort à une série télévisée psychodramatique, genre Dallas, avec suspens, dénonciations et indignations, mensonges et trahison.
Suspens car jusqu’au bout de l’élection du Président régna une tension et une incertitude absolument insoutenables : les amis de Jean-Luc Santini étaient blancs ; ils ne s’attendaient pas à ce que la lutte des bulletins soit si serrée mais espéraient toujours. Las, au dernier moment, un bulletin élevait à 18 les votes pour Dominique Braye alors que Jean-Luc Santini n’en totalisait que 17. De côté, 8 votes blancs. Applaudissements nourris dans la salle ; les employé-e-s de la Camy étaient là pour soutenir et se féliciter de la réélection d’un Président que, manifestement, il-elle-s aiment bien. Silence abasourdi du côté de l’UMP Santini, candidat de Pierre Bédier : il pensait bien l’emporter sur l’UMP Braye, sénateur et ancien maire de Buchelay, que l’autre bord du parti sarkozyste n’avaient de cesse de faire passer pour un caractériel.
Dénonciations et indignations face aux conditions dans lesquelles s’est déroulée la « campagne » à cette Présidence. C’est à des pressions de toute sorte qu’ont dû faire face les délégués électeurs, et d’abord les maires : appels téléphoniques systématiques ; menaces de la part du président du Conseil général lui-même de ne pas verser telle subvention…C’est Gérard Ours qui, en fin de partie, formula publiquement tout haut ce que tout le monde savait ou avait vécu tout bas – sans doute dans la honte. Le maire de Mousseaux-sur-Seine décrivit la « pression terrible » qui avait été exercée. Il n’avait jamais vu ça et répéta : « C’est vraiment insupportable ! C’est vraiment insupportable ! ». Braye s’indigna de comportements qui ne concernent pas seulement la Camy et dénonça « la personne qui le fait sur l’ensemble du département » avant qu’Ours ne conclue qu’il était « heureux de voter pour un président droit dans ses bottes plutôt qu’une marionnette ».
Mensonges et trahison enfin de quelques membres du PS et des Verts. Dans plusieurs réunions, la Gauche citoyenne (PC, partenaires, DECIL) avait souhaité qu’un candidat de gauche soit présenté face aux deux candidats UMP : n’était-il pas nécessaire que la gauche mal en point sur l’agglomération se restructure et apparaisse comme telle derrière quelqu’un qui incarne ses valeurs ? Le PS s’y est opposé à partir d’arguments sur lesquels il faut réfléchir : la Camy est ainsi faite que les vice-présidents sont les maires des communes et participent à son exécutif (au bureau). Il est dès lors difficile de se présenter contre un exécutif dont on fera (presque à coup sûr) partie. Surtout, en se présentant contre un futur président, on court le risque –même si on est au bureau- de n’avoir aucune délégation, c’est-à-dire aucun des pouvoirs que le Président est le seul à pouvoir attribuer : c’est embêtant pour un maire qui participe à une intercommunalité de ne pouvoir peser sur aucune des décisions qui le concernent ! Fort de ces arguments, le PS s’est engagé à voter blanc, c’est-à-dire pour aucun des candidats de l’UMP. Il a même été décidé que, sur cette base du vote blanc, Françoise Descamps lise une déclaration au nom de toute la gauche. Las, sur les 11 délégués de gauche, il n’y a eu que 8 votes blancs. C’est dire que 3 membres du groupe PS-Verts ont voté Braye.
Le refus de présenter un candidat de gauche s’éclaire d’un jour nouveau : il n’aurait pas été possible alors, pour certains socialistes, de voter Braye.
Qu’on se comprenne bien. Voter Braye est une position qui peut politiquement se défendre. Mais pourquoi alors ne pas la défendre publiquement, en présence de ceux qui sont, en principe des alliés à gauche ?
Quel clafoutis !
Joël Mariojouls
09:30 Publié dans Camy | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note


Commentaires
Cher Joël
Quelques précisions et démentis de la part des Verts du Mantois.
Certes comme tout le monde à gauche, y compris dans Décil, nous avons discuté de l'intérêt, sans se faire la moindre illusion sur Braye, de porter un coup à l'omnipotence du système Bédier dans le Mantois. On peut penser au contraire que le brouillage du message de la gauche est pire que l'avantage escompté. C'est tout à fait ma position. Je pense que les divergences au sein de la droite sont intéressantes à analyser, voire à utiliser au maximum. Mais cela ne veut pas dire soutenir un clan contre un autre pour lui remettre le pouvoir.
L'existence de différences d'appréciations au sein de la gauche ne justifie pas de faire en secret le contraire de ce que l'on dit. Mais, concernant les Verts, sans doute as-tu écrit un peu vite.
Précision 1: il n'y a qu'un seul élu vert au Conseil de la CAMY (Joël Jolivel pour Rosny) et il a respecté la consigne de vote décidé à l'unanimité par l'ensemble des élus de gauche réunis : PS, PC et gauche citoyenne, Décil, Vert : le vote blanc. Nous en avons eu la confirmation de sa part. Il ne fait pas partie des 3 voix de gauche qui ont voté Braye. La précision et le démenti méritaient d'être apportés publiquement !
Précision 2 : Les Verts, dont notre représentant, étaient favorables à une candidature de gauche au 1er tour. Nous en avons discuté avec Joël Jolivel avant le vote.
Précision 3 : il n'existait pas de groupe PS/Verts dans la précédente assemblée de la CAMY, mais une réunion de l'ensemble des élus de gauche PS, PC et Vert avant chaque Conseil de CAMY. Il n'existe pas plus de groupe PS/Verts dans la nouvelle assemblée. Y aura-t-il un groupe unitaire, un groupe PS et un groupe Gauche citoyenne et dans ce cas où siégera l'élu vert? Prenons le temps d'en discuter, l'objectif étant de faire exister une voix différente dans le Mantois face aux droites (provisoirement?) divisées.
Bien amicalement
Stéphane Bernard (miltant des Verts...et de Décil)
Ecrit par : Stéphane BERNARD | 11.04.2008
Braye plus Bédier, c'est d'une façon impensable, la victoire provisoire de l'aveugle associé au paralytique.
Stratégie subtile ?
Allons, le fruit est mûr.
Battons nous enfin au moins localement pour une surenchère de solidarité redistributive.
Les soutiens locaux à Ségo vont (re)sortir les drapeaux rouges.
Pauvre Bertrand, pauvre misère.
Dur d'être un ... quand on est entouré d'enc.. (Renaud Séchan).
Merci pour eux.
Ecrit par : alain loudette | 29.05.2008
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