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31.05.2008
Mémoire des luttes
Transmettre l'histoire des luttes est aujourd'hui ressenti par de nombreux militants à la vie bien remplie comme une urgente nécessité en ces temps obsédés de mémoires un peu sélectives. Les jeunes un peu perdus dans un paysage politique dévasté en éprouvent souvent le besoin ou découvrent parfois ce besoin au hasard d'une heureuse rencontre.
Une heureuse rencontre, c'est ce qu'ont fait une vingtaine de personnes (dont un tiers de déciliens!) à la Réserve ce soir. Gilles de Staal était venu parler de son livre Mamadou m'a dit qui raconte l'engagement de Mamadou Konte dans les luttes ouvrières des immigrés dans les années soixante, soixante-dix. Raconteur d'histoire généreux qui connait son affaire comme le fond de ses poches, Harpo (de son nom de militant) nous a brossé un portrait très honnète, très soucieux d'exactitude et proprement passsionnant de ces luttes. C'est une histoire qui ne se termine pas très bien puisque tout cela n'a pas abouti à grand-chose de satisfaisant (je ne vous refais pas le tableau politique accablant de la France d'aujourd'hui, surtout du point de vue du rapport aux ex-colonisés qui ne passe toujours pas). Mais c'est une histoire qu'il ne faut pas ignorer, ne pas enfouir dans les limbes. Elle a eu ses belles heures, ses fiers combattants et elle nous lègue un problème toujours plus compliqué, plus imbriqué, mais qui n'a pas totalement changé. Les problèmes ne sortent pas de nulle part, nos lutttes ne sont pas seulement la situation détestable où on se trouve. Comme disait l'autre: "Mon mal vient de plus loin".
C'est l'occasion de rappeler aux jeunes Français descendant d'immigrés africains et maghrebins qu'ils ont une histoire revendicative dont ils peuvent être fiers.
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Commentaires
Bonjour, tu dis : "C'est l'occasion de rappeler aux jeunes Français descendant d'immigrés africains et maghrebins qu'ils ont une histoire revendicative dont ils peuvent être fiers". Je mettrais un bémol, des luttes toujours menées par des blancs malins, hableurs, manipulateurs qui se servent de nous, descendants d'immigrés africains. L'écrivain est peut-être de bon foi mais ce n'est pas des luttes qu'il parle mais de lui-même.
Ecrit par : Ex-colonisée | 03.06.2008
Tu y étais? tu parles de "blancs malins, hableurs, manipulateurs qui se servent de nous": dans ce cas-ci, pour quoi faire?
Les immigrés ont su être de fiers et valeureux militants, comme d'autres; et comme d'autres, ils connu d'amères déceptions. Si personne ne parle d'eux, on dira: on les ignore. Si un blanc parle d'eux, on dit: on les manipule. Il est des fois où le pessimisme, quand il est obstiné ou complaisant, est un peu criminel.
Ecrit par : François D | 04.06.2008
Oui François,
C'est bien difficile.
Celui qui parle aux ou des "ex colonisés" est un hypocrite..
Celui qui ne leur parle pas ou ne parle pas d'eux est un raciste.
Raison de plus pour en parler avec parcimonie et à bon escient.
Célèbres corses et arméniens..
Ce sidi, Mamadou est mort, ce Mamadou de François Béranger.
Quand Béranger parlait de Mamadou il parlait de lui-même.
Et de nos luttes, ne vous déplaise, trés chère ex..
{Refrain:}
Les colons sont partis
Ils ont mis à leur place
Une nouvelle élite
Des noirs bien blanchis
Le monde blanc rigole
Les nouveaux c'est bizarre
Sont pires que les anciens
C'est sûrement un hasard.
Et puis un jour la Crise
Nous envahit aussi
Qu'on les renvoie chez eux
Ils seront plus heureux
Qu'on leur donne un pourboire
Faut être libéral
Et quand à ceux qui râlent
Un bon coup de pied au cul.
Ecrit par : alain loudette | 04.06.2008
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