20 mai 2009

Fin du feuilleton Bédier, et maintenant ?

Ça y est après des années de suspense, depuis quelques minutes, le feuilleton est terminé. Pierre Bédier, baron local, perd ses mandats pour cause de corruption. On peut le dire haut et fort : la justice débarrasse le Mantois d'un homme politique aux méthodes décourageantes pour quiconque tient un tant soit peu à la démocratie. Influence, lobby, pression, manigance, tout était bon pour ce Macchiavel au petit pied. Mais la ligne a été franchie : on ne peut pas s'enrichir sur le dos du contribuable impunément, ainsi en a tranché la justice. Le procureur le rappelait lors du premier procès : il s'est comporté à Mantes comme « seigneur en son fief ». C'est sans doute cela qui restera comme l'aspect le plus dommageable des années Bédier. On peut être en désaccord politique. On peut avoir des options radicalement différentes. En démocratie, il n'y a rien de scandaleux à cela. Ce qui était particulièrement décourageant, c'était d'avoir à faire à des méthodes déloyales qui concentraient tous les pouviors dans les mains de l'homme fort de la circonscription. Décourageant aussi, le respect que ces méthodes sans principes autres que la loi du plus fort lui avaient valu. Car il faut bien retenir que le Mantois ne s'est pas débarrassé d'un politicien dont il récusait les méthodes. Non, c'est la justice, en tant qu'institution de la République, qui a mis le holà à des pratiques abusives et malhonnêtes. Si nous pouvons nous réjouir de voir la justice rendue, nous n'avons guère de fierté à avoir, et l'optimisme n'est pas de mise. S'il se représentait, il pourrait bien être réélu ! Rien n'est venu démentir le goût malheureusement trop prononcé de nombre de nos concitoyens pour l'homme fort, même aux méthodes douteuses. Trop souvent, le chef même injuste, est perçu comme rassurant. C'est donc bien que notre tâche, la tâche que Décil s'est donné, de redorer le blason de la démocratie, de redonner confiance aux citoyens pour administrer leurs affaires, de ne pas s'en remettre aveuglément à un quelconque réprésentant, est une tâche qui reste à poursuivre et que le but n'est pas atteint.

Car les vautours du pouvoir volent depuis quelques temps déjà sur la carcasse politique de l'ex-président du Conseil Général et ancien maire de Mantes la Jolie. Ceux-là n'ont rien pour nous rassurer. Malgré les belles phrases, tout le monde sait bien qu'ils n'ont pas une conception du pouvoir et de la démocratie très différente. La question aujourd'hui qui se pose, comme nous l'évoquions l'autre jour, est de savoir ce que nous allons faire. Quelle gauche rassemblée, démocratique, débarrassée des politicailleries habituelles va-t-elle pouvoir prendre le relai ? Nous avons entendu les habitants du Mantois nous rebattre les oreilles à raison avec leur déception de ne pas voir cette union se faire. Pas une union tacticienne, pour « prendre le pouvoir », mais une union pour offrir le pouvoir à ceux à qui il revient. Avec modestie et détermination, et sans rodomontades ni sourires pour photo de com.

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L'autre question est de savoir si P. Bédier, dont le tempérament de lutteur est bien connu, s'avouera vaincu ou s'il continuera à manipuler le microcosme mantais comme il le fait depuis des années. L'avenir le dira. En attendant, au boulot, car nous aurons l'avenir que nous mériterons, ni plus, ni moins.

François Duchamp

 

 

Commentaires

on ne pouvait pas mieux dire ! rien à redire , tout à fait d'accord !

espérons que la raison va l'emporter en conséquence pour faire enrayer la folie du projet aberrant de circuit F1, son " bébé"...
alors là ce sera un chapitre bien terminé !
car si nous gagnons ce combat sera bien grâce à une action citoyenne de citoyens qui se seront pris en charge depuis des mois et ensemble, malgré les difficultés de tous bords ..
car l'unité n'est pas qu'un mot dont on se gargarise et qu'on espère ,c'est bien aussi un combat et plus facile à dire qu'à faire !
Fabienne

Ecrit par : Fabienne | 20 mai 2009

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