25 juin 2009

De quoi Vialay est-il le nom ?

Dimanche se joue l'élection où les Mantais choisiront le successeur de Pierre Bédier qui n'est pas seulement condamné à six d'inéligibilité mais mais aussi, on sent que ça dérange car on ne le mentionne guère, à 18 mois de prison avec sursis et 25 000€ d'amende pour des actes de corruption.

Son dauphin nous propose de poursuivre dans la même voie. "Continuons" tonitrue-t-il. Faut-il que les Mantais soient bien inquiets pour ne pas oser lui dire d'aller voir ailleurs si on y est.

Dans un petit tract d'un bleu roi du meilleur goût, il nous exhorte à voter pour lui (et l'épouse du corrompu, car l'estampille Bédier ne peut pas disparaître de Mantes), "pour la défense des intérêts de Mantes-la-Jolie, sans esprit paritsan". J'avoue qu'il m'est difficile de ne pas relever une baliverne pareille. Bobard énorme, en fait.

Certes, le sigle de l'UMP a disparu des affiches et tracts. P. Bédier nous a habitués à cela. On ravive ainsi le vieux mythe gaullien (mytho, diraient les jeunes) qui veut que la droite n'est pas partisane, qu'elle n'est pas idéologique, qu'elle est juste réaliste, objective, voire neutre. Qu'elle oeuvre pour le bien public, notion assez frauduleuse, mais j'y reviendrai. Quand on connaît le clientélisme de cette équipe, la manière dont certains s'attachent des affidés en distribuant des pseudo privilèges qui ne sont guère que des droits que les intéressés devraient faire valoir sans contrepartie, on trouve la potion bien amère. Car ces pratiques, très discrètes, obéissent bien à une logique conservatrice que l'équipe en place met en oeuvre avec constance : souci de décourager le collectif, de valoriser l'individu et sa seule réussite personnelle, concurrence soigneusement organisée au profit des puissants, bref un conservatisme empreint de libéralisme, une politique de notable de province modernisée à la sauce mondialisée. Tout cela noyé dans une apparente bonhomie de façade rassurante pour le citoyen qui voit ça de loin.

Et qui croit qu'on défend ses intérêts. Autre erreur, car le maire nous le dit, il veut défendre les intérêts de Mantes-la-Jolie. Comme si, poursuivons le mythe, Mantes-la-Jolie était une et indivisible, vaste consensus à 42 000 voix. Comme s'il n'y avait pas des intérêts divergents et contradictoires à Mantes, comme ailleurs, qui recquièrent concertation et débat. Comme si l'exercice de la démocratie n'était pas quelque chose de fragile et complexe à remettre en oeuvre tous les jours.

Non, la droite bleu marine qui n'aime pas dire son nom préfère prendre les Mantais pour des simplets et les rassurer avec des contes pour enfants, de jolis trottoirs et des programmes immobiliers foireux mais qui en jettent.

De toute façon, le seul argument que le candidat bleu fasse valoir c'est qu'il est indispensable d'être de droite pour avoir des subventions du Conseil Général. On voit par là le souci des principes démocratiques et de "l'intérêt général" de l'équipe en place et du tristement célèbre système Bédier.

Il ne tient qu'aux électeurs d'aller voter dimanche et de dire

TOURNONS LA PAGE !

F. Duchamp

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