01 octobre 2009

Le grand calife: le retour

Résumé des épisodes précédents : Qué calor !

 

Démocratix, notre naïf héros (voir épisodes précédents) avait suivi ces histoires avec une certaine incrédulité. Il fallait être de bien mauvaise foi pour vouloir prendre pour argent mécontent ces racontars à coucher dehors avec un billet de logement. Car enfin, il suffisait de se promener dans les rues paisibles de la ville haute pour se rendre compte que le Mantelajolistan, on dirait le sud, le temps dure longtemps, plus d’un million d’années et toujours en été…

Il s’avéra pourtant que l’ancien vizir, ancien calife au Califat Général était bel et bien revenu s’installer au palais ! Oh, Démocratix l’avait tout de suite compris, l’ancien calife-vizir avait inventé la philanthropie à couper le beurre (et surtout l’argent du beurre, ajoutaient aussitôt les mauvaises langues). Ce qui l’ennuyait, c’est que ses nouveaux amis mantelajolistanais, Super-Mario(Bros) et Costoujour, se tapaient sur les cuisses et jetaient de furieux clins d’œil chaque fois que le sujet revenait, montrant bien qu’ils prenaient ses infâmes ragots pour des vérités.

Faut dire que notre grand homme, Père Bidon, avait été sous-ministre auxiliaire des geôles impériales, puis président du Califat Général, où il avait des projets pharaoniques, avant d’être atteint de cette fatale fièvre prévaricateuse qui l’avait forcé à abandonner toutes ces prestigieuses fonctions. Vous savez cette fièvre due au virus H78plein-les-pochesN1. Ce n’était pas un petit poisson, que ce Père Bidon. Enfin Démocratix apprit la situation officiellement. Super-Mario(Bros), Costoujour et le reste de la bande (je vous présenterai la bande en question un de ces quatre) assirent Démocratix à une table et lui expliquèrent l’affaire :

–Vois-tu, Père Bidon est un homme de pouvoir, il s’appuie sur des gens à qui il promet des tapis volants, des lampes magiques, tout ça. Ça marche du feu de dieu (qu’il soit loué) mais quand le système dérape, gare aux dégâts.

–Pourquoi ça dérape ? s’inquiéta Démocratix.

–Il peut y avoir mille raisons. Tu sais la politique qui consiste à se faire des amis, c’est la même que celle qui consiste à se faire des ennemis. Si bien que, plus tu as d’amis, plus tu as d’ennemis. Une histoire de fous. Dans le cas qui nous occupe, son accès de fièvre l’a rendu indésirable auprès des ennemis de ses amis. Si bien que lorsque le bailli du comté l’a condamné pour remplissage de poches illicite, ses propres amis ont eu tôt fait de se détourner de lui.

–Même ceux qu’il avait choisi pour le remplacer au Califat Général ?

–Tu parles, surtout ceux-là ! Au Califat Général, on ne veut plus de lui. Tu sais, mon grand, c’est un classique. Quand tu gouvernes par la force dans nos contrées (je sais, ailleurs, les hommes sont vertueux et sages, ils ne choisissent pour gérer leurs affaires que des gens compétents et désintéressés - et ces hommes sont d'ailleurs souvent des femmes - mais pas chez nous), dans nos contrées donc, quand tu gouvernes par la force, l’intimidation, l’intérêt etc., tu as l’air d’être le satrape des satrapes. Tout le monde te lèche les babouches. Mais quand tu trébuches, tes amis si dévoués te bouffent la rate ne moins de temps qu’il ne faut à une figue molle pour tomber d’un tabouret.

–Vraiment ? C’est moche !

–Oui, on ne peut pas dire que ce soit réjouissant. Eh bien, c’est un peu ce qui arrive à Père Bidon. S’il ne veut pas redevenir marchant de churros sur la plage de Bledville-les-Trous, il faut qu’il s’accroche. Alors pour l’instant, il s’agrippe au palais du vizir. Il annonce qu’il revient juste pour le vent sec et chaud qui souffle dans les vallées du nord.

–Pour le foehn ? s’enquit Démocratix.

–Oui, mais ça a du mal à passer, même auprès des prospères boutiquiers de la ville haute. Il revient, en fait pour redevenir vizir à la place du vizir, mais pas officiellement, puisqu’il n’a pas le droit. Pour tirer les ficelles avec son ami le Derviche Général de sa Seigneurie.

–Et qu’est-ce que c’était ces projets pharaoniques qu’il avait du temps du Califat Général ?

Fabuleuse L’aura(parlapodec), une autre de la bande, ne fit qu’un bond :

–Alors ça c’est vraiment le bouquet ! Mais c’est pas fini, on n’est pas sur que ses projets soient abandonnés, il faut continuer à se battre ! Si on baisse les bras, ils vont …

–Mais qu’est-ce que c’est ? insista Démocratix.

–T’es pas au courant ? Ah là là là, mais t’as passé les six derniers mois à roupiller ou quoi ? Père Bidon s’était mis dans la tête de faire tracer une piste pour faire des courses de dromadaires ! Non mais tu te rends compte ! Avec toutes les bouses que ça va faire ? Et puis le dromadaire, c’est fini, il faut passer à autre chose aujourd’hui, il faut des projets qui puissent résorber la misère du peuple, pas des trucs pour satrape, héliaste ou autre grosse légume…

–Oui, si encore il donnait du pain et des jeux, mais il se contente des jeux, ajouta Super-Mario(Bros), et encore des jeux hors de prix !

–Comment faire ? se désolait notre pauvre Démocratix.

(à suivre)

 

FD

 

(Ce petit conte est bien sûr une fantaisie et toute ressemblance avec des événements réels ne pourrait être que le résultat fortuit d’une stupéfiante coïncidence)

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