13 octobre 2009

Pour une véritable politique scolaire

Elus de DÉCIL, conseillers municipaux de gauche, nous avons voté contre le « Plan de développement des écoles » du maire à mettre en œuvre à la rentrée 2012.

Ce projet ne tient pas compte des réalités pédagogiques et éducatives essentielles pour le bon fonctionnement des écoles. Il s'agit là d'une logique de rationalisation comptable des moyens pour l'école et non d'une réforme visant à améliorer le service public d'éducation. Cette réforme s'inscrit évidemment dans les tentatives du gouvernement Sarkozy de calquer toutes les structures de l'État sur le modèle de l'entreprise.

Si ce plan est appliqué, nous allons nous retrouver avec de grosses structures (EPEP : Etablissement Public d’Enseignement Primaire) rassemblant sur un même lieu plusieurs écoles, avec souvent près de 250 enfants !

Faire de grosses écoles ce n'est pas la bonne solution. Beaucoup d'études de spécialistes l'ont montré : cela entraîne une dilution du lien scolaire et rendent la socialisation des enfants plus complexe en faisant cohabiter des classes d'âge nombreuses, étalées entre 3 et 11 ans. Cela ne permet pas un dialogue approfondi et de qualité entre les familles et un directeur en charge de très nombreuses classes.

> De la même manière, concentrer de nombreux élèves sur un même site implique beaucoup plus de bruit, source de tension et d'inconfort, surtout pour les enfants. Le moment du repas (demi-pension) sera encore plus difficile à gérer.

> Concernant les regroupements de plusieurs écoles sur le même lieu, prenons l'exemple d'Abel Lauvray dans le quartier des Martraits. Ce quartier souffre déjà d'un engorgement extrême au moment des entrées et sorties de classe de l’Ecole Notre Dame, cela ne pourra que s'aggraver.

> Cela entraînera des déplacements plus compliqués pour beaucoup de familles.

> Pour l'école maternelle Les Anémones, dont les enfants seraient affectés sur les Jonquilles et Les Pensées, des questions et des inquiétudes pèsent également : où serait la classe passerelle ? Sans parler des redécoupages scolaires en cascade, qui risqueraient d'affecter des équilibres fragiles.

> Enfin, toutes ces modifications entraîneraient nécessairement des reconstructions et des équipements fort coûteux, alors que certaines écoles viennent juste d'être rénovées.

La municipalité va au-devant de certains projets dangereux de la droite au pouvoir, comme les EPEP, grosses structures ayant pour unique objectif de faire des économies de gestion de l'école, et de donner plus de poids aux élus au détriment des enseignants.

Au passage, ce « Plan de développement des écoles » permettrait à la municipalité de récupérer les locaux qui l'intéressent pour ces projets immobiliers notamment. Et l'on sait que, dans ce domaine, la transparence et la consultation des citoyens ne sont pas la préoccupation principale du Maire.

L'école doit être un atout majeur pour mieux vivre ensemble et pour permettre à tous d'accéder dans les meilleures conditions à une éducation de qualité. Elle ne doit pas être sacrifiée à des considérations purement financières.

Une école n'est pas un simple bâtiment dans une ville, c’est un moyen pour les enfants et les familles de construire des dynamiques de réussite et de fraternité.

Nous pensons que les enseignants, les parents, leurs représentants, parmi lesquels les élus, doivent s'opposer à ce projet régressif.

Pour notre part, nous prendrons toute notre place et nous mettons à la disposition de toute initiative partagée par le plus grand nombre pour refuser cette destruction de l'école publique à Mantes-la-Jolie.

Nathalie Coste et Joël Mariojouls

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