23 octobre 2009

Contrôle d'identité

Une vraie belle surprise hier soir au Collectif 12 dans le cadre du festival Jeunes Zé Jolie.
Ils sont quatre, dans un partenariat franco-roumain, tantôt à l'intérieur tantôt sortis d'une cage faite de néons blafards. Ils y disent, les voix accrochées aux micros, les sons envahissant l'espace, parfois criant ou bien alors soufflant douloureusement, les mots de la clandestinité.
Les peurs, les froids, les désespoirs de ceux a qui on refuse l'asile, ces invisibles sans identité, sans avenir et qui ont renonce a leur histoire.
Refus des tribunaux administratifs, rejets de  l'OFPRA, enfermement et peur de la reconduite ... Tout ce qui fracasse des vies et des identités est montré ici par le prisme de l'intime, par l'impossibilité d'être avec l'autre, d'aimer... Ce qui déchiquette l'âme, jour après jour, nie et détruit. On n'est personne, rien. On n'a pas les mots, on ne peut être souhaité, attendu, répondre...
Très émouvante plongée dans l'intérieur de ces invisibles qui rasent les murs de la forteresse Europe.

Il est hélas trop tard pour voir ce spectacle qui ne se jouait qu'une fois mais le festival a d'autres trésors à montrer (notamment un très désopilant Omlett - ou Hamlet-en-Sarkozie ; ou bien encore découvrir l'effrayante splendeur des ruines industrielles Sulzer à Mantes la Ville pour une conférence étonnante sur les mondes parallèles - Si ce monde vous déplaît). Qu'on se le dise...

Nathalie Coste & François Duchamp

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