08 novembre 2009

Le mur de Mantes.

A propos de la dernière réunion du comité de quartier du centre ville.

Une foule importante (pas assez de sièges pour s'asseoir) dans le préau de bientôt "feue" l'école Lumière…
Après le prologue sur les déjections canines, la mise en bouche sur la sécurité routière et le recimentage des trottoirs sur lesquels on peut trébucher, les parents d'élèves de Notre-Dame qui peuvent pas se garer, le plat de résistance : les nuisances.
Un monsieur au nœud papillon bien mis s'indigne et tance le maire de n'avoir pas encore interdit les klaxons les samedis après-midi de noces... Mais le pire est à venir : il reprend la parole pour dénoncer ces tam-tams (sic) et ces cris de "ces gens" qui se marient pas bien normalement et le dérangent dans sa quiétude de bon Mantais. Faut dire que le monsieur a bien remarqué que ces mariés-là sont de "là-bas", l'autre coté de la ville où on a bien des droits mais pas beaucoup de devoirs.
Applaudissements…
J’en reste hébétée. Le maire répond (pas si mal d'ailleurs, même si trop mollement à mon goût) et je me dis que j'ai peur... des gens bien qui parlent au nom d'un pays dont j'ai appris l'histoire faite de mélanges et de brassages. Les gens dangereux ne sont pas toujours là où on croit. Le fameux débat sur l’identité nationale n’est pas parti pour calmer mes inquiétudes. Que tous ces frileux du mélange, ces handicapés de l'altérité... d'où qu'ils soient...ouvrent un peu les yeux sur la réalité.


Le mur de Berlin est tombé il y a vingt ans. A quand celui de Mantes la Jolie ? Peut-être les murs les plus durs à abattre sont-ils ceux qu’on a dans la tête.

Nathalie Coste, conseillère municipale.