27.06.2009

Sale temps sur la dalle...

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20.05.2009

Selon que vous serez puissant ou misérable

Une petite réflexion, encore. Quand on lit les dénégations à fendre le coeur que P. Bédier met sur son blog, on reste un peu interloqué...

En effet, il a été condamné à de la prison avec sursis (attation, fais plus le vilain ou je me fâche... c'est bien compris ?) et à trois ans de privation de droits civiques, ce qui implique de ne plus exercer de mandat électif pendant six ans. Plus une amende, évidemment (divisée de moitié par la cour d'appel, soit 25 000€.)

Bon, soit.

Maintenant, je lis dans Libé ce matin que le type qui a suggéré au ministre de l'intérieur en 2004 (un nommé Sarkozy) d'aller effectuer un coït sur la personne de sa génitrice (d'accord, c'était pas gentil, ni poli) a écopé d'un mois ferme ! Et plus tard, l'andouille qui a dit au même de retourner "en chine, espèce de Hongrois" (d'accord, c'est carrément débile) a écopé d'un mois ferme. Un mois ferme. De prison.

Autre exemple. Bientôt on va juger le DAL en appel, condamné en première instance pour avoir « embarrass[é] la voie publique en y déposant ou en y laissant sans nécessité des matériaux ou des objets quelconques » (on rêve !). Condamné à 12000€ d'amende ! Alors que Bédier prend 25000€ pour avoir détourné dans sa poche, bref pour avoir volé car c'est du vol, des dizaines de milliers d'euros (200.000, avec ses deux comparses)!

Un élu de la République vole des sommes colossales, il "[porte gravement] atteinte à l'autorité de l'Etat, à des fins personnelles, et trahi[t] la confiance que les citoyens avaient placée en lui pour les représenter", rien moins selon le président du tribunal, et il écope d'un sursis. Allez, va jouer...

Quand on a l'habitude, on trouve ça normal. Moi, je m'habitue pas. La prison est restée, en France, un endroit où on enferme les pauvres, les petites gens, les boulangers d'Outreau ou les épiciers de Tarnac. Mais on n'y met guère les Véritablement Iniques Personnalités. Non, on va pas mettre en taule comme un voleur de mobylette ou un fumeur de joints, un type qui a été sous-ministre, président de conseil général, qui a été, paraît-il, chef d'entreprise, et devant qui tout plein de gens ont fait des courbettes pendant des années. Tout de même. Les torchons, les serviettes, tout ça.

Notre démocratie a encore du chemin à faire. On le savait. Ça fait quand même mal de le prendre dans la figure, chaque fois.

François Duchamp

Fin du feuilleton Bédier, et maintenant ?

Ça y est après des années de suspense, depuis quelques minutes, le feuilleton est terminé. Pierre Bédier, baron local, perd ses mandats pour cause de corruption. On peut le dire haut et fort : la justice débarrasse le Mantois d'un homme politique aux méthodes décourageantes pour quiconque tient un tant soit peu à la démocratie. Influence, lobby, pression, manigance, tout était bon pour ce Macchiavel au petit pied. Mais la ligne a été franchie : on ne peut pas s'enrichir sur le dos du contribuable impunément, ainsi en a tranché la justice. Le procureur le rappelait lors du premier procès : il s'est comporté à Mantes comme « seigneur en son fief ». C'est sans doute cela qui restera comme l'aspect le plus dommageable des années Bédier. On peut être en désaccord politique. On peut avoir des options radicalement différentes. En démocratie, il n'y a rien de scandaleux à cela. Ce qui était particulièrement décourageant, c'était d'avoir à faire à des méthodes déloyales qui concentraient tous les pouviors dans les mains de l'homme fort de la circonscription. Décourageant aussi, le respect que ces méthodes sans principes autres que la loi du plus fort lui avaient valu. Car il faut bien retenir que le Mantois ne s'est pas débarrassé d'un politicien dont il récusait les méthodes. Non, c'est la justice, en tant qu'institution de la République, qui a mis le holà à des pratiques abusives et malhonnêtes. Si nous pouvons nous réjouir de voir la justice rendue, nous n'avons guère de fierté à avoir, et l'optimisme n'est pas de mise. S'il se représentait, il pourrait bien être réélu ! Rien n'est venu démentir le goût malheureusement trop prononcé de nombre de nos concitoyens pour l'homme fort, même aux méthodes douteuses. Trop souvent, le chef même injuste, est perçu comme rassurant. C'est donc bien que notre tâche, la tâche que Décil s'est donné, de redorer le blason de la démocratie, de redonner confiance aux citoyens pour administrer leurs affaires, de ne pas s'en remettre aveuglément à un quelconque réprésentant, est une tâche qui reste à poursuivre et que le but n'est pas atteint.

Car les vautours du pouvoir volent depuis quelques temps déjà sur la carcasse politique de l'ex-président du Conseil Général et ancien maire de Mantes la Jolie. Ceux-là n'ont rien pour nous rassurer. Malgré les belles phrases, tout le monde sait bien qu'ils n'ont pas une conception du pouvoir et de la démocratie très différente. La question aujourd'hui qui se pose, comme nous l'évoquions l'autre jour, est de savoir ce que nous allons faire. Quelle gauche rassemblée, démocratique, débarrassée des politicailleries habituelles va-t-elle pouvoir prendre le relai ? Nous avons entendu les habitants du Mantois nous rebattre les oreilles à raison avec leur déception de ne pas voir cette union se faire. Pas une union tacticienne, pour « prendre le pouvoir », mais une union pour offrir le pouvoir à ceux à qui il revient. Avec modestie et détermination, et sans rodomontades ni sourires pour photo de com.

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L'autre question est de savoir si P. Bédier, dont le tempérament de lutteur est bien connu, s'avouera vaincu ou s'il continuera à manipuler le microcosme mantais comme il le fait depuis des années. L'avenir le dira. En attendant, au boulot, car nous aurons l'avenir que nous mériterons, ni plus, ni moins.

François Duchamp

 

 

17.01.2009

Manif anti F1 à Fl'1

DSC00026.JPG Encore un gros millier de citoyens qui défilent dans le Mantois.
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Pour ce qui est des arguments, retournez voir la note du 14 décembre dernier qui s'appelait: La F1 ne justifie pas les moyens! Sans doute parmi ces arguments, est-il intéressant de noter que la Formule 1 est aujourd'hui une activité en perte de vitesse (ce qui est un comble) qui ne correspond plus à notre époque. Ce n'est pas quelque chose de très visible ou recevable, tant ce sport de prestige fascine. Pourtant il faut bien constater que cela correspond à un siècle qui n'est plus le nôtre.
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Distribution de pommes locales, slogans divers réclamant des emplois pérennes et locaux, prises de parole au rond-point de Flins... Tout cela s'est passé dans une ambiance très bon enfant, pas du tout dans la suspicion habituelle. DSC00041.JPG La police elle-même semblait patrouiller sur ses motos avec beaucoup de décontraction.

Outre diverses forces de gauche, des élus et des associations, on trouvait dans le cortège du collectif Flins sans F1 des agriculteurs bio qui n'aiment guère que les rares terres qui leur soient attribuées changent de destination de façon aussi provocatrice. Certains étaient même venus avec leur tracteur. DSC00030.JPG

Tout de même, une chose frappe quand on a fait les deux manifs du Mantois en une semaine. Fab F1.JPGC'est une chose évidente, certes, mais tellement importante: si peu de gens mobilisés sur une cause qui se mobilisent pour une autre. Quand on saura enfin fédérer nos désirs divers et nos protestations particulières, nous aurons une force politique prodigieuse. Complexe, multiple, mouvante, elle nécessitera des trésors d'imagination et un travail de titan pour tenir un cap, mais elle sera cette démocratie vivante, puissante, solidaire dont on rêve tant. On en est loin aujourd'hui et il y a du pain sur la planche en attendant.

François Duchamp