28 juin 2009

Résultats des élections cantonales partielles du 28 juin 2009

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02 février 2009

Scandales au conseil municipal de Mantes la Jolie

Scandales au conseil municipal – La SOTREMA est une Société d’économie Mixte qui gère les parkings de la ville. Le maire propose de résilier « pour motifs d’intérêt général » des conventions de Délégation de Service Public à la SOTREMA. Les tenants et les aboutissants de cette décision tiennent aux différends qui règnent entre la CAMY et Mantes la Jolie. Le personnel de la SOTREMA est présent dans la salle et extrêmement inquiet pour son sort : il est clair pour les élus de DECIL comme pour toute l'opposition qu'il faut prendre en compte la situation et ne pas faire un exemple politicien pour cause de désaccord avec la CAMY. La SEM est délégataire de service public et le contrat ne doit pas être brutalement rompu au profit d'une grande entreprise de gestion de parkings bien connue qui est sure de reprendre le contrat. Il ne faut pas faire semblant de ne pas le savoir et de s'en remettre avec une fausse naïveté à "la transparence des appels d'offre".
M. Vialay parle en termes de relation commerciale, client/fournisseur. Il affirme que les emplois ne sont pas mis en danger.
Toute l’opposition réclame que les salariés soient entendus ce que le maire refuse.
Les employés quittent le public en protestant avec virulence. Suivis de toute l’opposition. Depuis le hall des cris fusent, l'émotion est très forte. Les salariés de la SOTREMA savent qu'ils sont les sacrifiés de l'affaire. Sacrifiés et baillonnés.

Cet esclandre montre encore une fois l’attitude politique du maire qui consiste à décider seul sans concertation car le bras de fer qu'il a engagé depuis l'automne avec la SOTREMA n'est pas un dialogue. Il l’a encore montré à propos d’autres sujets ce soir, sur la mise en place d’un développement de l’apprentissage, sur une réduction de la médecine préventive pour les employés municipaux, sur la mise en place de l’aménagement du temps de travail pour ces mêmes employés municipaux ou sur la fermeture de l'école Jean Moulin. Le bouquet, c’est l’introduction d’une 23ème délibération (non prévue à l'ordre du jour) en urgence pour que la ville soit candidate à la création d’un écoquartier ! Prise quelques heures avant le conseil au cours d’une discussion avec la maire de Rosny, cette décision précipitée est invraisemblable. Les associations qui ont déjà effectué un travail très important sur ce sujet sont tout à fait ignorées. La question est complexe, elle concernerait 2000 logements. Quelle impréparation, quel amateurisme !

Nathalie Coste et Joël Mariojouls (avec le reste de l’opposition) reviennent pour la délibération n°22, qui concerne la fermeture de l'école Jean Moulin. Pour Decil, c'est Nathalie Coste qui fait une intervention très étayée, très solide dont je reproduis l'essentiel ci-dessous:

"Un paradoxe saisissant concerne cette délibération : un plan de développement des écoles inauguré par …une fermeture.

La fermeture de l’école Moulin est une décision grave. Elle affecte un des quartiers les plus fragiles de notre ville, marqué par le chômage, l’échec scolaire, la perte du lien social.
Personne ne conteste les diminutions d’effectifs. Pour autant, il demeure de grandes interrogations :

• En premier lieu : pourquoi cette rapidité dans la décision ?
• Comment expliquer la construction d’un parking attenant à l’école, sorti de nulle part, à la demande de personne ?
• Qu’adviendra-t-il du logement de fonction qui vient d’être attribué à la coordonatrice de l’école Jules Verne ?
• Que vont devenir ces locaux pour lesquels 80 000€ de rénovation viennent d’être faits ? Démolition pour le tracé de rues ? Nouvelle affectation pour un autre projet ?
• Le plan ANRU prévoit la construction de logements sur les anciennes tours Ramon (45 logements sociaux) et sur le boulevard Clemenceau (43 logements en accession) que se passera-t-il si cela s’accompagne d’un afflux d’élèves ? On dit aux directeurs et en commission qu’il y aurait en ce cas la construction d’une nouvelle école mais alors pourquoi pas celle-là ?
• Quelle présence civique viendra compenser la perte de l’école ?

Ces questions génèrent des craintes

• l’un des arguments avancés repose sur l’absence d’une maternelle attenante à Moulin qui ne forme pas, du coup, « un groupe scolaire ». Nous craignons fortement que cela ne plaide en faveur d’une adaptation anticipée à la mise en place des EPEP (Etablissements Publics d’Enseignement Primaires), rejetés majoritairement par tous les partenaires de l’école dans le Conseil Supérieur de l’Education, sauf le Medef. Ces super-écoles correspondent non seulement à une logique de mutualisation des moyens (donc d’économie d’échelle) mais aussi à une restructuration administrative fondamentale qui placera les écoles sous la coupe des élus et d’une hiérarchie recrutée à l’extérieur de l’école.
Au delà, toutes les études sérieuses ont montré que les grandes structures fonctionnent mal sur des tissus sociaux fragiles. Il n’est pas sérieux de penser que l’on fabrique de la réussite scolaire dans des établissements aux dimensions trop grandes. Il y a d’ailleurs une cohérence de ce point de vue avec l’entreprise de fusion entre les lycées Saint-Exupéry et Rostand, contestée fortement aussi.

• Tous craignent de voir Sevigné et Verne (des écoles qui fonctionnent bine mais restent fragiles) crouler sous des effectifs trop importants.

Plutôt que la fermeture de l’école, d’autres projets auraient été envisageables :

• Une fermeture de classe aurait suffi à faire remonter la moyenne de l’école Moulin dans les effectifs classiques de la ZEP : soit 23.
• Il y a bien des dérogations nombreuses pour quitter J. Moulin, mais l’implantation des quelques classes de maternelle aurait pu enrayer cela.
• Faire venir des enfants extérieurs au quartier immédiatement riverain ?
• Le redécoupage des périmètres est une nécessité vitale aujourd’hui. Repenser un plan d’ensemble pour soulager de grosses écoles et en rééquilibrer d’autres aurait pu être réalisé en préalable à une fermeture ;

Encore une fois, il aurait fallu réfléchir et organiser la concertation plutôt que d’imposer une solution d’en haut.
"

Faisant suite à des demandes écrites de Decil et de l’élu du PCF, le maire propose l’ajout exceptionnel d’une délibération n° 24 (non prévue, elle non plus, à l'ordre du jour) sur la situation en Palestine. En voici la teneur:

"Le conseil municipal décide
- de former des vœux solennels pour le rétablissement durable de la paix et l'engagement sans délai du dialogue entre les états et les peuples.
- de soutenir les actions humanitaires en faveur de toutes les victimes de ce conflit en accompagnant la démarche de la Ligue de l'Enseignement consacrant la quête de la Quinzaine de l'Ecole Publique, du 4 au 19 mai prochain, dans toutes les communes des Yvelines, au financement des projets de reconstruction des écoles laïques détruites lors du conflit à Gaza.
-d'inviter les élus des autes départements à soutenir les initiatives de la Ligue de l'Enseignement en faveur de la paix au Proche Orient.
"

Joël Mariojouls déplore la mollesse de cette proposition (qui vaut, certes, mieux que rien). Elle est tout de même d'une tièdeur condamnable en particulier parce qu’elle s’abrite derrière l’action de l’Union Européenne dont la nullité est proprement affligeante et parce qu'elle ne prend ps en compte les demandes d'actions concrètes que formulent tant de Mantais dans ou hors des associations. Ce qui n’empêche pas les élus de DECIL de voter pour cette délibération-croupion. On peut tout de même se réjouir que le maire de MLJ finisse par prendre une décision qui tienne compte d’une demande de l’opposition, fortement soutenue par une partie non négligeable de la population.

En tout cas, déni de démocratie, pratiques de sourds et conseillers godillots, la majorité ne sort encore pas grandie de ces désaccords.

François Duchamp